Ça a pris du temps. Quatre mois de réflexion et d’introspection, sans compter toutes ces années à se poser des questions. En abandonnant mon métier de chef de projet, j’avais dans l’idée de revenir vers ma passion. J’ai envisagé deux pistes : guide de randonnée équestre et sellier harnacheur.

Attention… roulement de tambour…Pôle Emploi n’est pas toujours mauvais conseiller. C’est la seule et unique fois où vous lirez ceci ! J’ai accepté l’accompagnement par un de leur prestataire (quelqu’un qui fait le boulot à leur place) pour réfléchir à mon projet. Bien m’en a pris. J’ai pris conscience que la créativité et l’indépendance étaient, pour moi, deux aspects essentiels au travail.

J’aime construire et créer des objets. Petit à petit j’ai été emballé par l’idée de faire un métier d’artisanat. Sur la proposition d’une sellière harnacheuse, Laure Cavau (je vous invite à découvrir son travail : Les Ailes de Pégase), j’ai suivi un atelier de découverte pendant une journée et demi. L’objectif c’était de faire une ceinture. Merci Laure, je la porte tous les jours cette ceinture !

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Je me dois de préciser que ma seule compétence en couture se résume à coudre un bouton. Et ma seule connaissance du cuir, c’est son entretien. J’ai des heures de nettoyage au savon glycériné au compteur.

En réalisant mon premier point sellier, l’évidence de ce travail m’est apparue. Soudain plus rien n’existait autour que ce morceau de cuir, ce fil et ces aiguilles. J’étais dans une bulle où seul l’instant a de l’importance. Je connais cette sensation, c’est celle que j’ai quand je dessine ou quand je joue de la musique…ou quand je médite. Je suis rentrée avec des étoiles plein les yeux. C’était une révélation. J’ai occupé des postes stressant et j’ai découvert tout d’un coup un autre monde où je pouvais avoir des vrais moments de concentration et de calme.

Ma décision est prise. Quand je serais grande, je veux être sellier harnacheur. Que l’aventure commence !